Les lendemains qui mentent, Peut-on civiliser le management ? de Camille Desmarais

Camille Desmarais, Les lendemains qui mentent, Peut-on civiliser le management? éditions du Seuil, février 2001.

Le management est la technique pour faire travailler les autres. Ici l’auteur nous montre l’utilisation de certaines méthodes pour obtenir de la « productivité ». Les théories de Taylor ne sont pas mortes, bien au contraire. L’aliénation règne dans de nombreuses entreprises où les salariés ne connaissent par les finalités de ce qu’ils font. Cet ouvrage décortique l’idéologie du management qui n’est qu’au service du capitalisme.

Le bonheur paradoxal de Gilles Lipovetsky.

Notre monde ne pense qu’à la croissance. Jusqu’où peut croître l’économie dans un monde fini? L’hyperconsommation de notre XXIe siècle devient absurde dans sa croissance toujours plus grande. L’auteur soulève ici les paradoxes de la croissance infinie du libéralisme alors que les individus sont de plus en plus aliénés.

Gilles Lipovetsky, Le bonheur paradoxal, Essai sur la société d’hyperconsommation, éd. Gallimard, 2006.

Contre la méthode de Paul Feyerabend

Nous regarderons brièvement ici un auteur qui dérange beaucoup. Si Edgard Morin nous a montré que « tout est dans tout » et qu’il faut avoir une approche systémique de la connaissance, avec Paul Feyerabend nous allons encore plus loin dans ce sens. En effet, pour cet auteur qui pratique le « tout est bon » la science souffre d’une « disciplinarisation ».

A l’université les cursus sont décidés par des enseignants qui construisent un « programme ». Or ce programme est ARBITRAIRE. Aussi ne faut-il pas respecter le « programme » pour pouvoir sortir des ornières dans lesquelles les individus sont placés.

Contre la méthode est un ouvrage contre « toute méthode ».  Nous ne nous étendrons pas sur le travail complexe de cet auteur et invitons le lecteur à se plonger dans ce livre bien en avance sur son temps.

 

Ville panique de Paul Virilio

Paul Virilio, depuis longtemps déjà, pose le problème de l’accélération des communications et des transformations du territoire. Dans son ouvrage Ville panique, l’auteur nous parle du bouleversement que produit « l’électro-optique », avec les milliards d’écrans qui diffusent des images sur la planète. Déjà dans L’inertie polaire il soulevait la question de savoir ce que devient la réalité dans un monde où tout devient images, et où l’espace et le temps sont totalement modifiés. La télévision transforme notre rapport au réel des événements. Ainsi, si la société est « spectaculaire » au sens de Debord, Paul Virilio nous montre que l’information est devenue l’élément primordial, y compris dans les guerres où l’échange d’informations remplace la guerre réelle. Monde d’ubiquité, nous sommes partout et nulle part. « La tyrannie du temps réel », comme il l’écrit, aboutit à une « catastrophe ». Le dehors devient le dedans et la ville se referme sur elle-même pour devenir un « bunker » électronique où les écrans (caméras de surveillance, Internet, télévisions, etc. ) se substituent au réel direct. Tout au long de son travail, Paul Virilio analyse nos sociétés contemporaines où règne la lumière « auto-produite » des écrans. En lisant cet auteur, vous ne regarderez plus du tout votre téléviseur de la même façon.

Zéropolis de Bruce Bégout

Notre monde est celui de l’artificialité et du clinquant. Partout se construisent et se démolissent des architectures qui ne durent pas plus de tout juste 20 ans; certaines ne sont parfois jamais terminées et restent à l’état de friches.

Dans son ouvrage Zéropolis, Bruce  Bégout nous dépeint une ville où règne le jeu et son caractère aliénant. Nous sommes ici aux USA, mais il se produit le même phénomène en France et dans d’autres villes européennes. Lorsque le jeu devient un vice dévastateur, la vie se résume à gratter, à cocher des cases, à tirer des manettes, et à procéder à autant d’actes stupides dont les protagonistes ne prennent pas conscience. Bruce Bégout nous montre avec clairvoyance la plus grande ville du jeu américaine. Il porte un regard radiographique de cet univers insensé qu’est le jeu.

Le livre Zéropolis ne comporte que 125 pages, mais dans ce travail condensé, l’auteur nous livre ici l’essence du rêve américain.

Nous vous convions à écouter une conférence de Bruce Bégout intitulée: Suburbex: l’exploration suburbaine: errance et anonymat.

Le transhumanisme de Béatrice Jousset-Couturier

Le transhumanisme doit-il nous faire peur? Béatrice Jousset-Couturier dans son ouvrage pose différentes questions sur ce courant qui inquiète certains. La science et la technique progressent, mais les questions philosophiques restent toujours d’actualité. Ce livre préfacé par Luc Ferry vous éclairera sur le monde qui se profile où les machines prennent une place toujours plus importante.

La fin de vie de Jean-Michel Palmier

Dans Fragments sur une vie mutilée  édité en 1999 chez Sens et Tonka , Jean-Michel Palmier (dont j’ai suivi les cours) revient à l’essentiel de la vie. Atteint d’un cancer foudroyant, il nous lance dans ce livre un dernier appel de survie avec une tristesse de ton qui nous donne froid dans le dos. Cet homme qui était si passionné et ouvert à ses étudiants nous lance un dernier cri face à la mort et son absurdité. Je conserve un très bon souvenir de cet enseignant qui m’a fait découvrir l’École de Francfort. Sa soif de savoir était telle, qu’il est décédé en préparant son troisième doctorat.

« LES SECRETS DE FAMILLE DE L’UNIVERSITÉ » de Judith Lazar

Dans son ouvrage, la sociologue Judith Lazar nous décrit les fonctionnements internes de l’énorme machine qu’est l’université, en mettant au grand jour ce qu’une partie de la population ne perçoit pas rapidement au premier abord.

En effet, l’auteur nous montre qu’au sein de cette institution règne une multitude de conflits à l’image de ceux que l’on rencontre dans les autres strates de la société. Toutefois, ce que nous ne comprenons pas très bien, c’est pourquoi elle prend la peine de dénoncer les dysfonctionnements de cet univers. Car de nombreux étudiants de premier cycle assez clairvoyants sont déjà en mesure de comprendre ce qui se déroule dans un établissement universitaire, avant même d’avoir pour projet de devenir enseignant.

L’université étant composée d’individus inclus dans la société, il nous parait quelque peu naïf de penser que son fonctionnement diffère du social dans son ensemble. Cependant, ces propos ayant la coloration d’un règlement de compte ont néanmoins le mérite de montrer au lecteur que la science et les institutions qui la fabriquent sont loin d’être épargnées par les passions humaines.

Comme dans toute organisation, l’université est le siège de conflits divers et d’affrontements idéologiques. Et il est illusoire de penser que les enseignants ont à l’égard de leurs pairs une empathie sans fêlures.

Les difficultés rencontrées par la sociologue ne sont en rien un cas isolé. Avant même d’être confronté au CNU, des problèmes identiques se retrouvent lors de l’orientation des élèves et des étudiants, notamment lors de la délivrance des diplômes. Dans ce domaine, il n’existe pas d’objectivité totale, et les individus sont livrés au bon vouloir des enseignants. Car comment être objectif lorsqu’il s’agit « d’apprécier » par exemple le contenu d’une dissertation philosophique ? Nous savons très bien que selon les options philosophiques de la personne qui corrige les épreuves, le devoir sera noté avec de grandes fluctuations.

Le livre de Judith Lazar est donc représentatif d’une problématique que l’on retrouve dans toutes les organisations sociales, et pas seulement au sein de l’université et de l’école en général.

Cet ouvrage a au moins le mérite de faire prendre conscience aux étudiants que l’université n’est en rien, comme on le dit trop souvent, une tour d’ivoire coupée de la société ■

© Serge Muscat 2005.

« Vous reprendrez bien un peu de capitalisme? »

Voici un article de Karl Aberstoen dont la lecture est intéressante concernant notre société actuelle au capitalisme triomphant. D’un clic de souris, l’homme provoque une famine à l’autre bout du monde en jonglant avec la bourse. Époque des drones où l’on tue à distance.  Aussi nous posons-nous la question: « De quoi demain sera-t-il fait? » .