La femme inconnue

Je souhaiterais que tu sois blonde, avec ce visage enfantin que savent conserver les femmes dont la vie n’a pas altéré l’innocence et la pureté. Je te voudrais pas trop grande pour pouvoir te loger tout entière dans mon cœur. J’aimerais que tes mains soient prolongées de doigts fins comme des baguettes magiques avec lesquelles tu ferais apparaître un enchantement de caresses dont je m’enivrerais. J’aimerais tant te rencontrer, toi, qui demeure éparpillée dans toutes les femmes que je vois. Tu aurais les yeux clairs comme un ciel dans lequel je m’envolerais pour ne plus toucher la terre. Mais je reste cloué au sol, dans la tristesse et le désarroi. Mon cœur ne sait même plus pour quelle raison il bat, sinon pour alimenter les pauvres cellules de mon corps. Tu me prendrais la main pour me guider à travers le labyrinthe de la ville en me faisant découvrir pour la première fois mille endroits que je traversais jadis sans les voir. Joueuse et rieuse, tu me ferais vivre dans un éternel présent sans songer aux malheurs passés ni aux affres du devenir. Tu me dirais des mots gentils et me livrerais tes secrets les plus intimes. Puis je m’endormirais près de toi, goûtant le repos après une saine fatigue, disposé à commencer une nouvelle journée de bonheur.

Copyright Serge Muscat 1999.

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