La misère intellectuelle des conseillers d’orientation

Le conseiller d’orientation exerce son métier par hasard. Mi-psychologue, mi-sociologue, il oriente les personnes selon les besoins du marché. Tant d’ouvriers qualifiés, tant de cadres, tant d’enseignants, il faut bien de tout dans la société. Répartition planifiée par l’économie libérale et les besoins des entreprises. Nouveaux besoins, nouveaux clients et nouvelles professions. Se réactualiser dans une perpétuelle mise à jour des connaissances qui évoluent plus vite que la vitesse d’apprentissage.

Dans cette incessante mouvance, beaucoup de naufragés qui se noient sous des torrents d’informations. Les rayons des bibliothèques augmentent à vive allure. Le conseiller d’orientation ne sait en fait plus très bien ce qu’il faut conseiller, ne sachant pas lui-même où il en est de sa propre vie. Rôle d’aiguilleur, il se fie seulement aux statistiques de l’économie, en laissant de côté les vocations et les souhaits de chacun. Sa hiérarchie lui dit qu’il y a des postes pour lesquels les entreprises ne trouvent personne, et qu’il faut donc former des gens pour ces emplois vacants.

Il n’y a plus assez de bouchers alors il oriente vers la boucherie. Adieu la licence de lettres, nous devons donc apprendre à découper la viande autour de l’os. Que faire devant cette attitude du conseiller ? Celui-ci ne conseille rien en bonne conscience, il se plie seulement aux directives économiques et aux tendances boursières. Pas de réel choix possible pour ceux qui suivent ses conseils qui ne sont en fait que des injonctions masquées.

Je n’ai jamais écouté les conseillers qui cherchaient à vendre leur camelote. J’ai toujours été un mauvais client pour les conseillers d’orientation. Même sans GPS, je sais m’orienter parmi les foules et les bonimenteurs

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