Lecture buissonnière de « Les sciences ça nous regarde » de Lionel Larque et Michel Pestre

L’environnement est une préoccupation récente car à l’époque du 18e siècle beaucoup d’entreprises polluaient les grandes villes. C’est ce qui ressort de l’article de Jean-Baptiste Fressoz. La pollution des usines dévastaient les cultures aux alentours sans que les compagnies agricoles eussent la possibilité d’intervenir. La disparité géographique où se trouvent ces usines produit des zones défavorisées socialement alors que les quartiers bourgeois ne possèdent pas sur leur sol ces usines polluantes. D’autre part les usines créent des quartiers ouvriers dépourvus d’équipement sociaux et culturels. Et ceci s’accentue avec la mondialisation où des quartiers entiers sont uniquement consacrés à la production industrielle.

Les brevets : un frein ou une incitation à la recherche ?

Depuis l’analyse du génome, le vivant est de plus en plus breveté, et les deux tiers de ces brevets sont détenus par des entreprises privées. Ainsi le profit financier devient l’élément moteur de l’incitation à la recherche. De plus, les détenteurs de brevets placent ceux-ci en situation de monopole en ce qui concerne la fabrication des produits directs et dérivés. Ce qui grippe toute la chaîne de la recherche. Aussi faut-il que les États interviennent pour modifier cette exclusivité qu’ont certaines firmes. Le cas de Microsoft est un très bon exemple de monopole absolu. La vente liée de Windows avec les ordinateurs est une vente forcée. Il a fallu des batailles juridiques interminables pour avoir la possibilité pour le client d’acheter un ordinateur sans Windows. Nous dépassons ici le cadre du monopole de brevet pour entrer dans le cadre du racket pur et simple. Pendant des dizaines d’années Microsoft, par sa situation de monopole, a empêché la recherche pour créer d’autres systèmes d’exploitation. Il a fallu que la licence libre apparaisse pour que d’autres systèmes voient le jour. De ce fait le brevet est un frein à l’innovation, un frein qui repose sur l’économie capitaliste.

La science au service des idéologies

La science n’a pas le monopole de la vérité. Les pires horreurs peuvent être produites au nom de la science. De plus la science n’est qu’un mode de connaissance parmi d’autres. Vouloir tout ramener à la science relève du scientisme. La science possède ses contradictions, ses impasses et aussi ses sectes. Elle n’est pas immunisée contre les dérives que l’on rencontre dans d’autres domaines de la connaissance. C’est au nom de la science que l’on tue, que l’on torture et que l’on fait des expériences abjectes. L’employeur principal des scientifiques à longtemps été le service des armées. C’est à cause des guerres que de grandes avancées scientifiques ont eu lieu. On nous présente souvent le scientifique comme étant un homme pacifiste et sage, en oubliant que des scientifiques sont aussi responsables de millions de morts.

Le passage des sciences aux technosciences

Les sciences existent depuis bien longtemps. Le désir de savoir fait partie de la nature humaine. Mais durant une longue période, la connaissance pure était détachée des applications directes de la vie quotidienne. Et ensuite on a demandé à la science qu’elle devienne une technoscience, en un mot qu’elle soit utile à la vie quotidienne. A partir de ce moment, le rôle des universités a changé. De simple société savante, elle est devenue une université faite pour former des personnes à un métier. La connaissance ne fut plus désintéressée et entra dans la sphère marchande. Et le processus n’a fait qu’évoluer dans ce sens jusqu’à nos jours avec un utilitarisme forcené. Nous en sommes à présent arrivés à un stade où il n’y a plus que des technosciences

(Janvier 2021)

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.