La ville

Elle ne s’essouffle jamais. La ville est cet ensemble où naissent et renaissent, dans un perpétuel tourbillon, de bétonneuses infatigables, les bâtiments de chaque époque. S’y perdre, comme le faisaient les situationnistes, dans le dédale des rues, jusqu’à avoir le vertige de se retrouver dans un ailleurs, où plus rien ne nous semble familier. Partout des traces de vies passées, sans que rien ne puisse revenir de ces instants fugaces dont il ne reste que poussière. (suite)

Du casse-briques au casse-pipe

C’est avec le cœur battant que je me rends au magasin où brillent les premières consoles du jeu de casse-briques. Du haut de mes treize ans, je regarde le fascinant boitier noir. Cet étrange objet me parait venir du futur. Ce futur des films de science-fiction qui me font tant rêver lorsque je vais au cinéma.
Le vendeur est au bout du comptoir, occupé à renseigner des clients. Tout près de la console se trouve un écran de télévision. Il semble éteint. Je m’approche et observe avec attention la console. Sur la surface de plastique noir sont incorporés plusieurs boutons, avec un interrupteur où il est inscrit : on/off (suite).

« Vous reprendrez bien un peu de capitalisme? »

Voici un article de Karl Aberstoen dont la lecture est intéressante concernant notre société actuelle au capitalisme triomphant. D’un clic de souris, l’homme provoque une famine à l’autre bout du monde en jonglant avec la bourse. Époque des drones où l’on tue à distance.  Aussi nous posons-nous la question: « De quoi demain sera-t-il fait? » .

Avoir les tuyaux plus gros que la tête

En ce début de XXIe siècle, lorsqu’il s’agit de théories de la communication, les journalistes font souvent un parallélisme avec la plomberie, en parlant de « tuyaux ». Ces fameux tuyaux grossissent de jour en jour en même temps que les flots d’informations publicitaires. Cependant ces tuyaux ressemblent plus à un tout-à-l’égout qu’à une canalisation d’eau potable. Il en émane des odeurs fétides sous le signe de la société du spectacle.

Dans ces tuyaux, qui au départ étaient faits pour la communication entre universitaires et chercheurs, s’est insidieusement infiltrée la télévision. D’autre part, avec Internet, la publicité entre par effraction dans notre messagerie jusqu’à envahir tous les ordinateurs de la planète. Elle fait mille fois mieux que les antiques services postaux. Nos rêves sont à présent peuplés de publicités qui hantent notre esprit comme d’interminables cauchemars. Les escrocs « spécialistes » du ramonage font pâle figure face aux centaines de mails déversés chaque semaine dans nos messageries en nous promettant le bonheur en échange d’un numéro de carte bleue. Si l’on devait consommer ne serait-ce qu’un dixième de tout ce qui nous est proposé, nous n’aurions pas assez de temps pour jouir de cette masse de produits. Comme une oie que l’on gave pour son foie, les publicistes voudraient nous gaver de pacotilles jusqu’à vomir pour enrichir des actionnaires masqués.

Société de l’information qui pousse l’homme au suicide tant l’électrochoc informationnel met son esprit en déroute. Planète entière connectée sur le néant de fictions inabouties. Les tuyaux ne semblent jamais assez gros pour faire circuler cette masse pâteuse et dense. Désormais, dans les appartements, on consacre un pan de mur entier pour la fixation d’un écran géant qui envahit la conscience avec ses décharges d’images à répétition. Beaucoup d’accidentés sur ces autoroutes de l’information. Dévastation de l’inconscient qui produit des individus qui ne sont plus maîtres d’eux-mêmes

Etude de l’INSERM sur l’impact de la télévision sur les enfants

 

Voici résumé en deux séries de dessins l’impact de la télévision sur les enfants. Il y a de quoi s’inquiéter… Quant aux individus adultes qui regardent la télévision environ quatre heures par jour, on peut imaginer ce que cela produit sur leur psychisme.

Le passage de l’unicité à la reproductibilité

Depuis les débuts de la civilisation jusqu’au XXIe siècle, nous sommes passés de la fabrication d’objets uniques à la fabrication d’objets en série, cette dernière constituant la culture dite de masse. Dans ce passage du singulier au multiple, Walter Benjamin fut un fin observateur du bouleversement qui était en train de se produire à son époque. Comme il l’écrit, « avec la gravure sur bois, on réussit pour la première fois à reproduire le dessin, bien longtemps avant que l’imprimerie permit la reproduction de l’écriture.(suite)

La messagerie électronique et les transformations culturelles du rapport à l’écrit

La généralisation de la messagerie électronique dans toutes les activités de communication en remplacement du courrier postal utilisé depuis des siècles a amené divers auteurs à se demander si notre société n’allait pas devenir amnésique, du fait de la très grande perte d’informations générée par l’effacement des données. Si les documents audiovisuels ne peuvent être conservés sur un support papier, en revanche les documents écrits et iconographiques peuvent être conservés sur du papier. Face à cela, les partisans du tout électronique mettent en avant le caractère écologique de la messagerie électronique qui permet de ne plus couper d’arbres pour fabriquer du papier. (suite)

LE HOLD-UP PLANETAIRE

Nous vous proposons la lecture d’un ouvrage publié en 1998 et mis dans le domaine public qui explique le fonctionnement de l’empire Microsoft. De ce fait, vous comprendrez mieux pourquoi nous parlons des logiciels libres et du système d’exploitation GNU/Linux sur ce blog. De plus en plus de pays sur la planète utilisent GNU/Linux en remplacement de Windows. C’est une très bonne initiative et nous espérons que cela va prendre une grande ampleur. Le logiciel propriétaire mène à une impasse, et il est important que la population en prenne conscience. Microsoft est un parasite qu’il est grand temps d’éradiquer.
LE HOLD-UP PLANÉTAIRE.

Nous vous proposons ici une conférence de l’auteur du HOLD-UP PLANÉTAIRE qui vous fera comprendre l’impact des logiciels libres et du combat qu’il faut mener contre l’empire Microsoft. Cliquer ici pour visionner la vidéo.

Liens en rapport avec le logiciel libre:

https://www.fsf.org/ Free Software Foundation. Fondation créée par Richard Stallman, inventeur du logiciel libre.

https://fsfe.org/index.fr.html Free Software Foundation Europe. Fondation européenne pour le logiciel libre.

https://www.april.org/ Association défendant le logiciel libre.

https://www.laquadrature.net/fr Association qui défend les libertés numériques.

http://distrowatch.com/ Site qui donne la liste des distributions GNU/Linux et la possibilité de les télécharger.

https://linuxfr.org/ Site francophone sur l’actualité de GNU/Linux

https://fr.wikipedia.org/wiki/Portail:GNU/Linux Portail GNU/Linux qui propose de nombreuses informations.

http://framasoft.org/ Framasoft. Site comportant un très grand nombre de logiciels libres.

https://aful.org/association Association Francophone des Utilisateurs de Logiciels Libres.

https://nos-oignons.net/ Site du système Tor qui permet d’être anonyme sur Internet.

 

 

Internet et le monde du libre

Le développement d’Internet, qui au début de son utilisation servait à échanger des messages par voie électronique entre chercheurs, permet à présent, grâce à une batterie de nouveaux langages comme PHP et Javascript, de réaliser des programmes d’une grande interactivité avec les utilisateurs. Cette interactivité est née du développement des logiciels libres dont le plus connu est le système d’exploitation GNU/Linux. D’une informatique centralisée, lourde, l’orientation s’est faite vers une informatique légère et en réseaux. Cependant, la mise en service de nouveaux réseaux faisant croître la complexité de la toile ne signifie pas que la centralisation a disparu. Elle a seulement changé de forme en permettant à ceux qui ont les clefs, de surveiller tout le réseau en des endroits multiples. (suite)


© Serge Muscat 2011.

FOSDEM 2012

Les 4 et 5 février se déroule le FOSDEM 2012. Si vous n’êtes pas trop loin de Bruxelles, ne ratez pas cette manifestation des acteurs du libre dans le monde de l’informatique. A l’heure où Microsoft essaie de verrouiller les ordinateurs pour ne plus utiliser Linux avec la sortie de Windows 8, il est important que le plus grand nombre de personnes réagissent avec intelligence pour contrer ce prédateur et cet ennemi de la liberté. La suite c’est ici: FOSDEM.

Richard Stallman à Radio Campus à Lille

Richard Stallman était l’invité de Radio Campus à Lille le 23/02/2011. Voici la version intégrale de l’entretien en audio au format libre .ogg. Dans cet entretien, contrairement aux conférences, Richard Stallman prend le temps de rentrer dans les détails de la philosophie du logiciel libre. Entretien.

Vous trouverez également une conférence de Richard Stallman sur le lien suivant: conférence 2007.

Conférence sur LibreOffice à Paris au mois d’octobre 2011

Du 12 au 15 octobre 2011 se déroule une série de conférences sur LibreOffice. Des acteurs comme l’Université Pierre et Marie Curie, l’Université Denis Diderot et l’INRIA participent à ces conférences. C’est l’occasion de comprendre l’impact des logiciels libres dans la recherche informatique et de mieux comprendre l’éthique du logiciel libre comme le définit Richard Stallman.

Vous trouverez toutes les informations sur ce lien: Official LibreOffice Conference.

L’ampoule a grillé

Dans un livre dont je ne sais comment il est arrivé entre mes mains, je lisais que devenir adulte était de parvenir à voir le monde sans les déformations du regard de l’enfance.
Des propos écrits par un auteur cynique, de ces hommes à qui le suicide n’arrive jamais et qui, à l’occasion, n’hésitent pas à faire mourir les autres. (suite)

Les jeux vidéo et de simulation comme nouvelle culture de masse

(version PDF)

Il y a encore cinquante ans, les jeux vidéo n’existaient pas. Depuis leur apparition, ils ont pris une importance sans cesse croissante dans notre vie quotidienne, touchant un public de plus en plus vaste, jusqu’aux personnes d’un âge avancé.
Aujourd’hui, au cours d’une vie, un individu peut passer des milliers d’heures à jouer à des jeux vidéo. Aussi est-il important de considérer ce phénomène avec beaucoup d’attention afin de comprendre les répercussions que peut avoir cette activité sur la population.
Dans le jeu vidéo, le rapport du joueur avec l’ordinateur est totalement différent de ce qu’il est avec les jeux traditionnels où l’on joue exclusivement contre des individus sans la médiation d’un ordinateur.
Si, comme dans l’aérospatial, les retombées de la recherche sur les jeux vidéo profitent à des applications plus « sérieuses », on peut néanmoins se demander si une génération d’individus élevés dans l’univers des jeux vidéo produit des têtes bien faites. Des adolescents habitués à réagir à des algorithmes, et non à la complexité du réel que l’on éprouve dans une vraie expérimentation, ne risquent-ils pas d’être ensuite désorientés en étant face aux situations non répétitives de la vie quotidienne ? Les jeux vidéo ne finissent-ils pas par induire des comportements stéréotypés mal adaptés à la réalité sans cesse changeante ?
Un certain nombre de scientifiques déplorent le fait que l’on remplace dans les cursus de sciences les expériences de laboratoire par des logiciels de simulation. Car la simulation ne reproduit en rien le réel. La simulation ne fait que montrer ce que nous savons du réel à un moment déterminé de l’état des découvertes scientifiques à l’aide d’une modélisation. La simulation ne laisse pas de place à l’imprévu que constitue le réel. D’autre part, le processus d’addiction aux jeux vidéo provoque chez les jeunes sujets un désintérêt à l’égard du monde qui les entoure. Le virtuel prend la place du réel. Car le virtuel est en quelque sorte rassurant, en ce sens qu’il est cyclique et ne produit pas de situations imprévues générant de l’angoisse.
Même si certaines études américaines tentent de prouver que les jeux vidéo développent les réflexes visuels, ils ne développent toutefois rien de plus que ne le fait une interaction directe avec d’autres individus dans une situation de communication ou lors d’interactions avec divers objets.
Avec un jeu comme Second Life, une révolution vient de s’accomplir. Après la quête de toujours plus de réalisme, au niveau aussi bien graphique que sonore, Second Life nous fait entrer dans un réalisme inédit : celui de la vie de tous les jours. En effet, on y trouve toutes les activités de la vie quotidienne : travailler, gagner de l’argent, rencontrer des gens et se lier d’amitié avec eux, faire des achats, etc. Le Jeu reproduit le réel en coupant toutefois le joueur de la réalité. Car cette réalité virtuelle calque en quelque sorte si bien la vraie réalité, que la personne qui joue n’a plus envie de retrouver cette dernière qui, par comparaison, lui semble d’une grande fadeur. C’est ce qui fait que certains joueurs demeurent plusieurs jours de suite sans dormir devant leur ordinateur. Grisé par la nouvelle identité poussée à un réalisme extrême et modelable avec une marge de manœuvre très grande, le joueur a la sensation d’entrer au pays des merveilles.

La nouvelle génération de femmes et d’hommes est donc à suivre de très près, afin d’analyser les résultats d’une éducation immergée dans les réalités virtuelles. Si l’invention de la radio et de la télévision a profondément modifié les attitudes des individus, il est probable que l’informatique provoquera des transformations bien plus radicales que nous ne pouvons pas encore prévoir .

© Mars 2007.

Excès de vitesse

Depuis les débuts de l’humanité, l’homme a sans cesse accru la vitesse de ses déplacements ainsi que de ses diverses activités. La durée de vie des produits qu’il fabrique est de plus en plus courte alors que s’accroit sans cesse le rythme des nouvelles créations techniques. D’une manière générale, cette progression de la vitesse a-t-elle une limite, et n’aboutit-elle pas, en fin de compte, à l’immobilité ? Par ailleurs, il n’est pas certain que l’opposition entre le nomadisme et la sédentarisation soit réelle, mais qu’elle est peut-être plus un effet de réel. (suite)

Le chat comme idéal

Après avoir longuement observé les humains ainsi que les chats et les chiens, j’en suis arrivé à cette conclusion qui va suivre.
Pourquoi y a-t-il tant de chiens parmi les animaux domestiques par rapport aux chats ? C’est que le chien est docile. Et la vanité humaine dit que cette docilité est de l’intelligence. Pourtant, il faut être le pire des crétins (si l’on peut parler ainsi des animaux) pour se laisser dresser par l’homme. Un chien qui lève la patte est la magnificence de la bêtise face à son maître dictateur.
La conclusion est féroce mais indéniable : les imbéciles et les tyrans ont toujours préféré les chiens aux chats. Car ces individus ne peuvent pas supporter « l’intelligence » du chat qui regarde un homme prononçant un « viens ici ! » avec un regard qui signifie à l’homme : pauvre idiot. C’est pour cela que dans sa rage, l’homme à chien voudra étrangler le chat, le noyer, le brûler ou lui administrer toutes les bassesses humaines.
C’est qu’un chat ne se « dresse » pas. Il n’y a pas là de rapport de maître à esclave. Le chat signifie à son « compagnon » : je suis l’égal de toi. Ce que ne supporte pas l’homme tyrannique habitué à ce que le chien vienne en courant lorsqu’il prononce « viens ici ! ».
Même sans énoncer les mille détails qui font que le chat et le chien ne sont pas du tout du même univers, bien qu’ils soient également des mammifères, il suffit de regarder simplement comment ces deux animaux satisfont leurs besoins naturels. Lorsqu’on observe la vulgarité d’un chien qui défèque par rapport à la discrétion et à la propreté d’un chat, on comprendra rapidement pourquoi tel individu préférera le chien au chat ou l’inverse.
Il me semble pour ma part que l’homme à chien n’est pas recommandable. Quant à l’homme à chat, écoutons Georges Bernard Shaw qui disait : « L’homme est civilisé dans la mesure où il comprend le chat ».

© Serge Muscat 2007.

Les toilettes pour seul refuge

(version PDF)

L’invention de l’écran plat est une catastrophe pour les écrivains nomades de notre époque qui ont bien souvent pour bureau les tables des cafés.
Il fut un temps où malgré le bruit des consommateurs, les écrivains trouvaient un endroit suffisamment calme dans les cafés. L’avènement de l’écran plat utilisé pour diffuser des programmes de télévision nourris par les vidéos de musique et les retransmissions sportives a fait basculer tout un univers.
Ainsi le café actuel se transforme-t-il, selon les horaires, en stade de football ou en palais des sports où hurlent des milliers d’individus admiratifs devant la dernière starlette à la mode qui donne un concert au profit des pauvres de notre société. Peu à peu les cafés sont recouverts par ces écrans plats qui « contrôlent » insidieusement les individus. Nous en sommes ici à la deuxième étape du monde décrit par Orwell dans 1984. Les écrans qui avaient déjà totalement envahi les foyers s’installent à présent dans tous les lieux publics. Ainsi se superpose d’une manière progressive à notre vision du réel la vision diffusée par ces écrans qui, devenant de plus en plus plats et de plus en plus grands ou petits, finissent par nous faire traverser l’existence comme en étant perpétuellement dans une salle obscure de cinéma où se déroulerait un film commercial. Les écrivains, de ce fait, fréquentent de moins en moins les cafés pour rédiger leurs brouillons par crainte d’être inconsciemment imbibés des derniers tubes à la mode.
Des considérations sur la désertion des cafés par les écrivains, nous glissons lentement vers les conceptions de Michel Foucault sur la société de contrôle, où informer les individus est une façon de les contrôler, jusqu’à l’aboutissement final de l’autocontrôle. L’information se transforme bien vite en injonctions. Ce qui fait que l’écrivain souhaitant fréquenter les cafés pour écrire, en tentant d’y trouver quelque inspiration, ne sera que l’objet d’un lavage de cerveau dont sa prose pâtira fâcheusement. Si les écrivains naturalistes utilisaient le monde qui les entourait pour composer leurs fictions, l’écrivain d’aujourd’hui à tendance à voir le monde par médias interposés, à partir desquels on diffuse des fictions que l’on qualifie de « réalités ».
Notre époque est celle de l’aveuglement, où l’œil n’est confronté qu’à l’obscurité. Et il en est de même pour l’écoute, où la surdité a peut-être atteint son apogée. Le vacarme généralisé de la musique commerciale envahissant tous les lieux correspond à un silence total où le décryptage devient difficile, voire impossible.
L’écrivain ne peut rester cloitré dans sa chambre pour rédiger les interminables pages de ses ouvrages. Quels lieux lui reste-il pour oxygéner son stylo autant que ses poumons ?
Notre société du spectacle a condamné les écrivains à fréquenter le dernier refuge que sont les toilettes. Triste sort pour ceux qui ont la charge de donner du sens à ce qui nous entoure. Et cela ne durera pas bien longtemps. Dans ces lieux aux odeurs douteuses viendra également s’immiscer les derniers tubes à la mode par le biais d’un haut-parleur accroché au plafond et d’un écran plat dans les WC.

copyright 2007, Serge Muscat.

Le film Matrix comme révélateur du XXIe siècle

(version PDF)

Ancient although the plays exist from Rome, we awaits since year butt sixty years the development of has ludocratic society. The invention of dated processing has, in this process, strongly contributed to the generalization of the play, until in work.

Since the game theories in psychology until the serious games, while passing by the plays of role, all becomes pretext to be played. We will see here that the inflation of the play edge become has dangerous phenomenon, while making roofing stone at the individual the contact with reality. After the realization of the Matrix film, we advance gradually towards has matricisation of the everyday life without taking guard with the dangers that that represents.

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Le film Matrix, dont l’audience fut importante, est représentatif de ce début de XXIe siècle caractérisé par le développement massif des ordinateurs et de la numérisation presque totale des équipements. On utilise par exemple de plus en plus des microprocesseurs dans les produits domestiques ou dans l’automobile.
Dans le film d’anticipation Matrix, notre stade actuel est largement dépassé puisque ce sont les ordinateurs qui ont pris le pouvoir sur l’homme en reléguant ce dernier au rang d’esclave. Nous laisserons de côté la problématique du religieux soulevée avec le protagoniste Néo qui se trouve être « l’élu » de l’espèce humaine, ramenant ainsi ce film d’anticipation aux vieilles problématiques du christianisme.
Ce qui nous intéresse ici est la crainte, voire la peur inconsidérée, que peut produire la technique chez une grande partie de la population. Nous remarquons qu’il y a toute une culture cinématographique américaine liée à un pessimisme à l’égard de la technique. De très nombreuses fictions dépeignent une société où les catastrophes sont causées par une technologie défaillante. Il y a chez l’homme une fascination tout autant qu’une crainte à l’endroit des machines. Et cette sensation culmine avec l’informatique, cette technique dont la complexité défie l’intelligence d’un seul homme. En effet, l’informatique marque les limites de l’intelligence humaine, car si l’homme sait fabriquer des machines qui fonctionnent parfaitement, la tentative est vaine en ce qui concerne les logiciels, dont le niveau de complexité est tel que le bug est inévitable. Aussi, si l’on souhaite faire évoluer les ordinateurs, il sera nécessaire au préalable de faire évoluer l’homme. Les évolutions de ces deux catégories de « machines » sont inextricablement liées. Car l’homme est, à l’heure actuelle, incapable de maîtriser une telle complexité à lui tout seul. Les millions de transistors s’ajoutent aux millions de transistors et les programmes atteignent des centaines de milliers de lignes de code. Il est intéressant de remarquer que le logiciel est le seul objet technique dont le fait de ne pas fonctionner parfaitement est considéré comme allant de soi, comme une chose normale. Il y a bien longtemps qu’on ne retourne plus les logiciels de Microsoft au service après-vente pour défaut de fabrication. Du reste, peu de gens ont osé le faire. Le bug est un élément intrinsèque à la création d’un logiciel. Sauf pour les programmes plus petits et très spécialisés comme dans l’avionique.
De ce fait, c’est du côté des sciences humaines et de la biologie que l’on se tournera de plus en plus. Pas d’évolution des ordinateurs sans évolution de l’homme et de sa compréhension. Le film Matrix nous montre, d’un certain point de vue, la défaillance humaine dans la maîtrise de la machine, puisque cette dernière réussit à prendre le contrôle sur l’homme. Technologie et sciences humaines sont donc indissociables. Si l’homme souhaite maîtriser la machine, il est nécessaire qu’il se maîtrise avant tout lui-même. Sinon la machine causera des catastrophes, comme cela s’est déjà déroulé avec les centrales nucléaires ou les navires pétroliers.
Les fameux dinosaures dont parle le gardien de la matrice en faisant référence aux humains lorsque Morpheus est tenu prisonnier signifie cela. Cela signifie que l’espèce humaine n’a pas su évoluer correctement dans la bonne direction, et que de ce fait, elle est devenue l’esclave des machines, comme le montrait Charlie Chaplin dans Les Temps Modernes avec la taylorisation du travail.
Nous arrivons donc, en ce début de XXIe siècle, à un carrefour où plus que jamais se pose la problématique de l’humain, en nous apercevant que les machines ne résoudront pas tous les problèmes. Et c’est d’ailleurs aussi pour cela que la biologie est une science qui, à présent, est en première ligne, avec par exemple la génétique.
La fin du film Matrix situe bien dans quelle voie l’homme doit s’orienter lorsque Néo dit que l’homme deviendra ce qu’il choisira de devenir. Il ne reste plus aux informaticiens qu’à suivre des formations en biologie ●

© Serge Muscat – Août 2006.

Mutations et réajustements de la presse papier face à Internet

Depuis l’avènement d’Internet, le monde des média a été parcouru par de violentes secousses sismiques. La radio, la télévision et la presse papier ont dû revoir leurs stratégies de développement, en prenant en considération l’essor rapide d’Internet.
La presse quotidienne fut la plus touchée par le phénomène. Et cette crise gagne progressivement tous les pays développés où les journaux étaient auparavant tirés à un grand nombre d’exemplaires. Pour les pays en voie de développement, l’impact d’Internet a une importance moindre, étant donné que le maillage du réseau téléphonique est d’une faible densité, et que sur ces territoires la radio reste encore le média principal pour informer les populations.
Dans les pays développés, le déploiement d’Internet, succédant à la télévision traditionnelle disponible dans presque tous les foyers, fait chuter d’une manière considérable le nombre de lecteurs de la presse quotidienne.
En France, nous constatons cependant que s’il y a une forte baisse de la vente des quotidiens, il y a par contre une croissance appréciable des périodiques comme les hebdomadaires ou les mensuels.
L’information habituellement diffusée par le biais des quotidiens passe à présent sur le web. L’information rapide transite de plus en plus par Internet, tandis que l’information lente, qui nécessite une plus longue analyse et un certain recul, utilise les hebdomadaires, les mensuels ou les bimestriels pour informer les lecteurs.

L’arrivée d’Internet a donc complètement modifié la presse en prise avec l’actualité immédiate. Les capacités de réaction à un évènement sont beaucoup plus élevées avec Internet que ne peuvent le faire les quotidiens. C’est aussi pour cette raison que les journaux prennent un soin particulier pour mettre à jour leur site web.
D’autre part, il faut bien voir que le web permet la transmission de documents multimédia qui sont impossibles à diffuser sur un support papier. De ce fait, des quotidiens comme Le Figaro, Libération ou Le Monde opèrent progressivement une transition vers le web en pratiquant des abonnements payants. Et le nombre sans cesse croissant d’abonnés au haut débit ne fait qu’accélérer le processus.
Il est probable que dans les prochaines années, le papier servira de support à une information durable, collant moins à l’actualité au jour le jour. Par ailleurs, la presse papier n’est pas un bloc monolithique mais plutôt constituée d’une large variété de publications dont, pour certaines, le tirage augmente proportionnellement avec le déclin de la presse quotidienne.
Dans ce contexte, Internet aura permis une véritable mutation dans la presse et l’édition en général •

Repères bibliographiques:

– M. Balnaves, J. Donald, S. Hemelryk Donald, ATLAS DES MEDIAS DANS LE MONDE, Ed. Autrement, 2001 pour la traduction française.
– Jean-Marie CHARON, LA PRESSE QUOTIENNE, Ed. La Découverte, Paris, 2005.

 

 

© Serge muscat – avril 2007.

Critique de « Un homme dans la foule », de Elia Kazan (1957)

L’art ne reproduit pas le visible, il rend visible.

(Paul Klee)

Le cinéma et la télévision ne sont que des outils. En tant qu’outils, nous pouvons faire avec eux ce que nous souhaitons. Ils sont comme le couteau qui tranche le pain et qui peut également tuer une personne.

Le cinéma et, plus tard, la télévision, ont été utilisés durant le XXe siècle à des fins de propagande durant les guerres et les révolutions. Cependant, le cinéma et la télévision peuvent tenter de faire leur autocritique comme c’est le cas pour le film intitulé Un homme dans la foule. Toutefois, le cinéma et la télévision ne peuvent être analysés que dans un contexte historique. Car l’on s’aperçoit rapidement que le cinéma des années 40 n’est pas le même que celui des années 2000.
Dans les débuts de ces deux média, les puissants de ce monde ont vu là un objet prodigieux permettant de manipuler les foules, comme avec l’exemple de la publicité montrée dans Un homme dans la foule. Néanmoins, au fil du temps, les média changent également de politique. Nous pouvons prendre pour illustration la loi qui a été votée pour supprimer la publicité sur les chaines publiques. Nous voyons par ceci que l’on ne peut aborder l’analyse d’un médium que d’une manière historique. Nous pourrions aussi prendre l’exemple de l’imprimé pour voir que ce médium a, au fil des époques, subi de profondes mutations quant à ses contenus.

Ce que montre Un homme dans la foule n’est pas tant la puissance du cinéma et de la télévision, mais plutôt une sorte de psychologie sociale qu’avait bien analysé Gustave Le Bon dans son ouvrage La psychologie des foules. Car ces foules, que cela soit par le biais du cinéma ou de la télévision, ont des réactions déraisonnables. Dans la foule l’émotion prime sur la raison. Il est également nécessaire de prendre en considération que le cinéma et la télévision, comme l’ont noté la plupart des psychologues, placent les individus dans un état hypnotique et de régression. L’image a cette capacité de s’adresser directement à l’inconscient en laissant poreuse la raison. Mais si le cinéma et la télévision ont cette puissance d’impact sur l’émotion des spectateurs, on pourrait penser que c’est en même temps une bonne chose en soi si l’objectif est de procéder à une critique de la société. Malheureusement, comme le dit Adorno dans La dialectique de la raison « aujourd’hui, le marché libre est en train de disparaître et la publicité sert de refuge à ceux qui organisent le système et le contrôlent. » C’est bien ceci qui est évoqué dans Un homme dans la foule, lorsqu’il s’agit de faire la publicité pour des pilules ou un homme politique. L’individu devient aliéné par la publicité qui fabrique dans l’esprit du futur consommateur de faux besoins. En cela l’industrie culturelle rejoint les thèses d’Adorno .Ce dernier était même un voyant sur ce qui allait se produire après son époque. Disneyland, le Parc Asterix, et la liste s’allonge sans cesse. L’industrie culturelle s’est transformée en industrie du divertissement et de la publicité.

D’autre part ce film montre le mythe du rêve américain où en trouvant un job quelconque, un individu peut gravir tous les échelons de la société. Un mythe bien vivant et tenace dont Bill Gates en est le dernier représentant. Cette société dépeinte est aussi celle décrite par Jean Baudrillard dans son ouvrage La société de consommation.

On pourrait rapprocher ce film déjà ancien du roman de Frédéric Beigbeder plus contemporain intitulé 99 Francs. On y retrouve des thèmes similaires concernant la publicité. Publicité qui, du reste, s’applique aussi à la politique devenue en quelque sorte pour les masses un spectacle. Nous rejoignons ici les thèses de Guy Debord et de la société spectaculaire. Toutefois, nous pensons que en aucun cas la culture ne peut être une marchandise comme les autres; ni même être tout simplement une marchandise. Dans le cas contraire, nous ne pourrions plus appeler cela culture. Peut-on parler de culture lorsqu’on parle de Disneyland? On parle de distraction, d’amusement, de détente, de tout ce que l’on voudra mais en aucun cas de culture comme l’entend Hannah Arendt dans son ouvrage intitulé La crise de la culture.

Pour conclure, nous dirons que le cinéma (ou la télévision) qui procède à son autocritique reste encore du cinéma. Et de ce point de vue le spectateur n’est pas dupe. Comme le pensaient les lettristes avec Isidor Isou, le cinéma n’a plus rien à dire sinon à s’autocélébrer. Il en est de même pour la télévision. De ce fait, le cinéma et la télévision sont des industries culturelles capitalistes qui entrent dans le jeu du spectacle de la marchandise tant dénoncée par Guy Debord

Copyright Serge Muscat, novembre 2009.